Le Monopoly de la faim
Les vignettes roses pour les vaches, les jaunes pour les sacs de céréales et les bleues pour les dollars. Voilà un jeu de cartes pas comme les autres imaginé à Rome, siège du Programme Alimentaire Mondial, pour familiariser les étudiants et futurs dirigeants politiques avec les mécanismes de l’insécurité alimentaire et de la famine.
Théoriques en Italie, ces principes prennent une réalité toute concrète en Éthiopie, où l’on vit chaque jour dans l’angoisse de la sécheresse et des mauvaises récoltes.
Mais la menace de la faim est devenue plus forte encore dans un contexte mondial de flambée des prix et de réchauffement climatique. Face à ces nouveaux défis, l’agence onusienne de lutte contre la faim a compris qu’elle devait repenser son mode d’action.
Après l’époque des distributions massives de sacs de riz, les experts de l’humanitaire ne craignent plus aujourd’hui de faire appel au marché.
Bourse, assurance, distribution d’argent… ces outils aussi surprenants qu’innovants semblent ouvrir de nouvelles perspectives à l’aide alimentaire.
Mais ils ne sont pas sans risques. Comment être sûr que cette gestion capitalistique et financière de la faim n’entraînera pas des dérives plus graves encore ? L’Éthiopie ne va-t-elle pas se trouver ainsi exposée au danger de la spéculation, dont on a vu les effets ravageurs en Occident avec la « crise des subprimes », et qu’on accuse actuellement d’être responsable des prix exorbitants du pétrole ? Comment ce pays, déjà vulnérable, pourra-t-il se protéger contre de telles dérives ?
Enfin, obnubilés par « la gestion des risques naturels », « la transparence des marchés », et « la productivité des paysans », ces avant-gardistes de la sécurité alimentaire en oublieraient presque les conflits géopolitiques larvés qui grondent dans le pays. Car la faim en Éthiopie reste une arme redoutable. Et si la technologie et l’ingénierie financière peuvent apporter des solutions à des problèmes naturels ou économiques, on voit mal comment elles pourraient influer sur les tensions belliqueuses responsables de l’insécurité alimentaire dans les régions frontalières.
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Passion d'épaves
Passion des Epaves est à la fois un film-portrait d'un passionné d'archéologie sous-marine, Jean-Pierre JONCHERAY, et un panorama des plus belles images d’épaves qui reposent entre Cannes et Marseille entre 20 et 75 mètres de profondeur. C’est l'histoire d'un homme, pharmacien de son état, que sa passion transforme en archéologues sous-marin parmi les plus compétents de notre temps, sans études et sans diplôme.
Cette situation délicate va lui valoir d’ailleurs pas mal de déboires vis à vis des spécialistes sortis de l'université qui vont mettre longtemps à admettre les compétences de cet autodidacte, qualifié d’abord de pilleur d’épaves et de chasseur de trésors.
Mais l’homme a à son actif non seulement le plus grand nombre de découvertes récentes dans les eaux de la Côte d'Azur mais aussi probablement le plus d’heures passées dans les archives du monde entier pour satisfaire son goût de recherche et de découverte. Car sa passion n'est pas seulement de trouver une épave, c’est aussi de l'identifier, de lui donner un nom et jusqu'à - comme le dit l’anecdote - l'âge du capitaine.
Karel PROKOP et Krov MENUHIN ont suivi ce plongeur exceptionnel sur ses plus belles découvertes : bateaux antiques ou récents, des avions de la dernière guerre et même un prototype unique d’un hydravion Latécoère.